Préparez-vous à lire un roman. C'est pas que j'avais envie de faire long, mais il faut vraiment que je vous raconte tout.
L'université en Italie a ceci de particulier qu'elle propose 4 sessions régulières d'examens par an (en plus, donc, des sessions extraordinaires de rattrapages) : en février et en juin, pour valider 1e et 2e semestres ; mais également en novembre et en avril. En effet, les semestres sont découpés en deux modules, et certains cours ne durent qu'un module. C'est ainsi que Pauline, Etienne et moi nous avions, ce mardi 20 novembre, notre examen oral du cours d'Histoire de la pensée politique. J'avais seul un deuxième examen ce même jour, en Relations internationales, écrit cette fois-ci.
Se renseigner sur l'examen n'a pas été chose simple. Les profs ne sont à vrai dire pas trop disposés à en parler, ce qui fait que les modalités exactes restent flous. Exemple : lorsque l'on demande a notre prof de pensée politique comment se passe l'examen, il se contente de répondre : "oh, vous venez, et on discute" ; et il se barre... On avait donc tenté de prendre des renseignements auprès des étudiants italiens. Selon eux, avoir 18 (sur 30, les notes sont sur 30 ici et 18 est la "moyenne" qui permet de valider l'examen) est hyper simple, et avoir 30 n'est pas plus dur que ça... Eux visent plus souvent plutôt une espèce de mention qui accompagne parfois le 30 (appelée "loda", pour votre gouverne). On avait également appris que les oraux se déroulaient en "public", sans trop bien comprendre ce que ça voulait vraiment dire et la raison exacte de cette publicité.
Bref, on était en fait assez impatient de vivre cette journée d'exam que l'on prévoyait assez marrante, assez folklo.
Mais comment aurait-on pu imaginer à quel point elle fut effectivement folklo ?
Tout commençait avec l'emploi du temps. En effet, mon examen écrit était prévu ce mardi à 9h30, tandis que la convocation pour l'oral était fixée à... 10h. Bon, comme tout le monde est convoqué à 10h et qu'il y a au moins 10 élèves à faire passer, je ne me fais pas trop de soucis parce que je me doute qu'à l'heure où je sortirais de mon écrit, l'oral sera loin d'être déjà terminé.
J'arrive pour 9h30 dans la salle où a lieu mon examen (salle qui n'est précisée que le jour même de l'examen, impossible de le savoir plus à l'avance). Le prof n'arrive avec les sujets que vers 45 mais bon ça, c'est le quart d'heure de retard complètement habituel ici, au début ça surprend mais après on s'habitue tellement que l'on s'étonne d'un retard de "seulement" 10 minutes. On est dans la salle une petite quinzaine, planchant au total sur des examens de 4 cours différents. Rien de bien surprenant puisque la salle peut facilement accueillir 60 personnes. En revanche, un prof fait également passer un oral pour une 5e matière dans un coin de la salle. Le volume des voix n'est pas bien élevé mais c'est quand même assez étonnant, et j'avoue qu'au début j'étais sur le cul de voir ça ! Enfin bref, une fois le sujet reçu, je suis obligé de demander au prof combien de temps on a puisque ce n'est indiqué ni au tableau, ni par sa voix ni même sur la feuille, et je commence mon devoir.
Une fois l'exam terminé, je sors de la salle et me dirige vers celle où je dois passer mon oral de pensée politique et dans laquelle Pauline et Etienne doivent normalement déjà se trouver depuis une bonne heure maintenant. Mais à peine suis-je sorti de la salle de mon écrit que Pauline me tombe dessus : "Amato (le prof de pensée po, ndlr) est toujours pas arrivée !". Je regarde ma montre : 11h20. Il aurait donc dû être là depuis une heure 20. Normal.
Mais tout s'accélère en cet instant puisque le Amato en question apparaît à l'autre bout du couloir. On s'installe dans la salle de l'oral. Il y a déjà un autre oral en train de se dérouler, mais c'est normal car ici pas moins de 4 matières sont à nouveau prévues... et toutes à l'oral ! Heureusement la prof qui était donc elle à l'heure se fait discrète et parle peu fort. Ce qui ne sera pas le cas d'Amato... celui-ci apparaissant plutôt comme le cliché le plus parfait de l'Italien : pensez à l'image-type de l'Italien qui parle avec les mains, qui fait des mimiques et des "ma che", donnez-lui la soixantaine et enlevez-lui ses cheveux et vous aurez notre cher Amato ! (qui, par ailleurs, est un type génial et passionnant, ne vous méprenez pas).
Mais voilà, notre ami Amato est multi-prof et il fait passer 3 matières à l'oral en même temps... Or il n'y a qu'une candidate en Analyse du langage politique, et trois en Philosophie politique. Ils ont donc la priorité. Viendra ensuite le tour de l'Histoire de la pensée politique... mais selon une liste préétablie. Or, pour faire partie de cette liste, il fallait s'inscrire sur internet : chose possible pour les Italiens, mais pas pour les étudiants Eramsus car eux ont un code pour ce faire, mais pas nous... Du coup les Erasmus passent à la fin. Du coup, on va prendre un café avec Pauline et Etienne, parce qu'on est pas rendus à la fin... et parce qu'on a le droit d'aller et venir de/dans la salle comme on veut ! On entre, on sort, deux oraux se déroulent en même temps, un vrai moulin en somme... Un système assez irréel. Mais qui semble marcher ! Ou en tout cas, n'étonner personne...
Arrivés autour de 13h30, on se demande si le prof a prévu de manger dans sa journée ou pas. Il nous signifie soudain que nous ne passerons qu'après une pause déjeuner : on est prié de revenir à 15h... Nous allons donc manger aussi. Retour à la salle à 15h ; le prof n'arrive qu'à 15h30, mais à ce moment-là, très honnêtement, on n'est plus du tout, mais alors plus du tout étonné de rien.
On ne sera donc pas plus étonné lorsque le prof nous demandera de venir passé 2 par 2 les oraux. Lorsqu'il nous mettra à tous 30 sur 30, même si tout était loin d'être parfait dans nos proses orales. Lorsqu'il inscrira sur le procès-verbal cette note de 30 en plein milieu de l'oral, sans même attendre de voir si on est venu en touriste ou pas.
En sortant, on croisât Armelle, une autre Française étudiante elle en Histoire de l'art. Elle était censée avoir exam le même jour, mais elle ne passerait finalement que le lendemain : il y avait trop de monde à passer ce jour... C'est là qu'on comprend que l'absurdité de convoquer tout le monde tôt le matin peut avoir de vraies conséquences. Nous, ça nous a fait marrer, on était là à 10h pour ne passer l'oral qu'à 17h. Mais elle, elle s'est levée pour rien... Pourquoi ne pas faire une liste avec un horaire différent par personne ? Pourquoi ne pas mettre les oraux tous dans une même salle plutôt que de mélanger écrits et oraux ? Pourquoi ? Mais parce qu'on est en Italie ! Une once d'organisation dans ce pays, mais vous allez pas bien ? Ici le bordel règne. Mais non seulement il règne, mais en plus il est institutionnalisé. Vraiment. Et ça marche. A peu près. En tout cas, personne ne s'en plaint. Tout le monde a l'air de trouver ça normal. Et franchement, tant mieux. Parce que c'est quand même bien marrant.
jeudi 22 novembre 2007
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5 commentaires:
ENORME!!!!
Mais qu'ils sont bons ces italiens!!
Qu'ils sont bons ces italiens quand même....
2 mots: dolce vita
=> j'espère qu'il en sera de même pour Aude et moi
Hate de te voir Bro!!
KISSSS
D'abord bravo pour ton blog ! j'adore l'idée de la mappemonde !
Les exams ont l'air folklos en tout cas ! Je m'apprête à partir l'an prochain en erasmus départ : université de Nantes, arrivée : Sienne ! Et je dois dire que ton blog donne plutôt envie de tenter l'expérience (jolies photos, lasagne et soirée tarot ! quoi de mieux ?!) C'est vrai que ça a l'air de la dolce vita !
Je vais faire un master d'histoire contemporaine. Pourras tu éclairer ma lanterne : de Sienne, on est à combien d'heures de train de Rome ? et de Florence ? (j'ai trois copains qui seront là bas) Le logement coute t'il vraiment plus cher qu'en France ? Y a t'il beaucoup d'Erasmus d'autres pays européens que la France ?
Merci d'avance ^^
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