mercredi 19 septembre 2007

Déboires à l'italienne

Il est temps pour moi de vous raconter une histoire (pas très) marrante qui va nous prouver par a+b=c que l'administration italienne n'a rien a envier à sa française concurrente.

Le jour de mon arrivée à Sienne, j'ai lamentablement oublié dans le train me menant de Florence à ma ville hôte un classeur contenant un bon gros paquet de documents importants et/ou utiles et/ou auxquels je tenais : des photos, mon grand poster de Daft Punk (snif), une feuille avec tout un tas d'adresses et de téléphones, les fiches descriptives des cours que je comptes suivre à Sienne, mes plans de Sienne et Florence, et, last but not least, tous les documents (pas un ne manque, vous noterez la perf) à renvoyer tout au long de l'année à l'IEP... La perte de ce classeur s'accompagne de quelques circonstances atténuantes, mais je ne me dédouane pas pour autant. Première leçon : le Baptiste italien n'a rien à envier au Baptiste français lorsqu'il s'agit de perdre quelque-chose en chemin...

Bref, après m'être cogné la tête contre les murs une fois l'oubli découvert, j'entreprît de retrouver ce fichu classeur... Première étape : la gare de Sienne, puisque j'avais en fait oublié mon classeur en descendant du train à cette même gare. Mais Sienne étant le terminus du dit train, l'espoir était possible. Las, la réponse de la préposée au guichet fut claire : "désolé, point de classeur ici, de toute façon il n'y a pas de bureau des objets trouvés ici, il faut aller à la gare de Florence." Je demande le numéro de ce bureau florentin et je m'en retourne par chez moi.

Le lendemain, tentative d'appel du numéro donné la veille avec mon téléphone portable. Numéro inconnu... Suspectant mon portable d'être de toute façon trop con pour appeler un quelconque numéro (suspicion fondée sur plusieurs précédents), je me décidais à retenter le même numéro, mais cette fois-ci depuis une téléphone fixe en ville... Je numérote. Ca sonne ! Foutu portable de merde. Bref, on décroche de l'autre côté du fil.

"Allo ?"
"Allo bonjour, je suis bien au bureau des objets trouvés ?"
"Ah nan c'est plus ici, là vous êtes à la police."
...
"Ah. Bon. Et vous auriez le nouveau numéro de ce bureau ?"
"Oui, c'est le 22 machin machin"
"OK merci beaucoup"

Là, j'avoue que je commence à me poser des questions, mais j'ai un nouveau numéro ; c'est un peu comme la carotte : tant qu'on la voit, on continue d'y croire. Bref, sans plus attendre je compose le numéro épelé par le sympathique policier.

"Allo ?"
"Allo bonjour, je suis bien au bureau des objets trouvés ?"
"Pas du tout, vous vous êtes trompé de numéro. TÛTTTT"
...

Bon alors là, en gros, j'ai l'air con.
Surpassant ma latente déception et mon trop prévisible fatalisme arrivant au galop, je décide de retourner à la gare de Sienne exiger qu'ils me trouvent ce putain de bon numéro du bureau des objets trouvés.
"Ah, c'est pas le bon numéro ? Attendez... (5 minutes plus tard) Bon j'appelle mais ça répond pas."
"Ecoutez c'est pas grave, de toute façon je vais à Florence demain, j'irais de moi-même à ce bureau."

Le lendemain, me voilà à la gare de Florence. Après une queue d'une demi-heure au guichet des informations, un florentin me marmonne dans sa barbe et dans un micro qui crache un son inaudible qu'il faut aller par là à gauche. Paye ta précision. Bref, je me rend par là à gauche, et je me hasarde dans un nouveau bureau.

"Excusez-moi, je cherche le bureau des objets trouvés"
"Ouh, mais y'en a plus en gare ! Faut aller à la mairie de Florence, au Palazzo Vecchio"

Bon le Palazzo Vecchio au moins, on était censé passer devant en cours de journée. Mais je commence à ne plus y croire vraiment. Je continue histoire de voir où tout cela va m'emmener...
Deux heures plus tard je me retrouve donc devant le Palazzo Vecchio. Il a d'abord fallu trouver par où entrer, car le problème c'est que c'est un monument de la ville et que l'entrée principale est celle pour visiter... Une fois trouvée l'entrée de service (qui mène elle aussi à un musée, trop fort ces Italiens), je me rend un peu par hasard dans un bureau de la police municipale, plus pour demander mon chemin qu'autre chose.

"Bonjour, je cherche le bureau des objets trouvés."
"Le bureau des objets trouvés ?"
"Oui, j'ai perdu un classeur dans un train entre Florence et Sienne mais à la gare on m'a dit de venir ici parce que le bureau de..."
"Mais oui mais le bureau des objets trouvés c'est pas du tout ici, c'est à l'autre bout de la ville ! Attends, je te donne l'adresse et le numéro de téléphone, mais pour y aller maintenant c'est foutu, ça sera jamais ouvert un samedi après-midi."
Là je commence franchement à halluciner.

J'attends cependant sagement le lundi pour téléphoner au bureau. La dextérité avec laquelle le policier m'avait parler de ce nouveau bureau et donné adresse et numéro me laissait quand même de l'espoir. Préférant dédaigner mon trop souvent traître téléphone portable, je compose ce nouveau numéro de téléphone depuis la même cabine de téléphone qui m'avait porté chance (enfin à moitié) quelques jours auparavant.

"Bureau des objets trouvés bonjour?"

HALLELUJAH !!!!!!

"Bonjour ! Je vous appelle, j'ai perdu un classeur dans un train la semaine dernière, j'aurais aimé savoir vos horaires d'ouverture pour venir fouiller voir s'il ne serait pas chez vous."
"On est ouvert tous les matins de la semaine et les mardi et jeudi après-midi. Mais vous savez, je n'ai aucun objet depuis le 30 juin."
"Attendez je n'ai pas bien compris. Vous n'avez aucun objet perdu avant ou après le 30 juin ?"
"Après !"
"Après ? Mais pourquoi ?"
"Ah on ne nous le dit pas. Mais depuis le 30 juin, on ne nous apporte plus aucun objet."
"Et les objets perdus après le 30 juin, ils sont où ?"
"Je n'en sais rien. On ne nous le dit pas. Je ne peux pas vous aider."
"Bon bah... Merci quand même."



Voilà l'histoire d'un classeur que je ne retrouverais sans doute jamais (alors qu'il doit y avoir dix fois mon nom à l'intérieur, plus deux trois fois mon adresse à Paris et autant de fois mon adresse à Sienne...) et qui m'a servi de fil rouge pendant toute cette première semaine. Au final, j'aurais quand même pas mal ri (jaune). Et définitivement, les Italiens sont aussi balezes que nous pour nous balader d'un bureau à l'autre... sans jamais vraiment nous aider.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Et tout ca en Italien !!! Et si tu n'avais pas bien compris ce qu'on t'avais dit ? :-p

Anonyme a dit…

Ok, j'ai bien ri ! Même si c'est pas marrant pour toi !!! dsl !
Je te raconterai l'administration allemande, tu vas halluciner
Bon courage...